Les transports urbains, sacrifiés de la crise sanitaire, inéquitable pour les Régions

Auteur : Jean-Hervé ROBERT - jhrobert@3econsultants.fr       Télécharger ici

Depuis un an, les Transports urbains adaptent leurs conditions d'exploitation, aux variations de la crise sanitaire et des décisions de l'État (couvre-feux, confinements…) :
  • Dans le nettoyage et l'adaptation des véhicules, le changement des modes de paiement
  • Et la gestion des horaires, fréquences et conditions de travail des salariés
Tout en étant qualifié de "secteur essentiel" pour l'accès aux hôpitaux et le transport des salariés "en 1ère ligne".

Soit une perte de recettes 2020 estimée à 3 Md€, au titre su 1er confinement et environ 4 Md€ au total 2020 :
  • du versement Mobilité en chute avec la masse salariale, les impayés et le chômage partiel et les pertes de Recettes des usagers ;
  • de baisses de recettes avec les baisses de fréquentations allant de 25% à 50% selon les réseaux, qui risquent d'être durables pour environ la moitié (télétravail, mobilités légères…).
Les dispositifs votés par l'État ne sont pas satisfaisants et présentent une triple iniquité :
  • Entre réseaux de Province et IDF Mobilités, qui bénéficiera de :
  • 800 M€ à 1 Md€ de compensation
  • et 1,2 Md€ sur les 2 Md€ d'avances remboursables prévues au budget
  • Un mécanisme de sauvegarde limité aux seules AOM en syndicats mixtes de Transport (8% des AOM)
  • Dans le plan de relance, 700 M€ d'investissements des lignes structurantes en IDF (surtout RER) et 300 M€ d'appels à projets…à venir

Les Autorités Organisatrices de Mobilité craignent, menacent ou engagent des conséquences importantes :
  • report du renouvellement des véhicules … et de la mise en oeuvre d'une "Mobilité écologique", déjà en retard sur certains réseaux (loi de Transition Énergétique)
  • Réductions d'offres durables ;
  • Gels ou report d'investissements ; annulations ou report de projets d'amélioration de l'offre
Et les opérateurs l'accompagnent de réductions de coûts et d'emplois
  • À la RATP, en supports (plan Diapason de suppression de plus de 300 emplois en 2 ans, régie…)
  • Plans d'économies chez Keolis et Transdev,
  • Recours au chômage partiel compensé partiellement, atteinte aux compteurs de jours de récupération, poses de congés imposés, pertes de variables cadrage des NAO à 0% en 2021
Comment justifier de telles iniquités envers les transports du quotidien des Régions et de les perpétuer ?
  • Volonté politique de favoriser la Région capitale, en anticipation d'échéances électorales régionales ou nationales ?
  • Priorité au financement des Transports Urbains en pré-"concurrence" sous la pression de la Commission Européenne, la Cour des comptes, etc.
  • Nouvelles incohérences des politiques publiques envers 3 Groupes Publics, qui détiennent l'essentiel du "marché" : RATP, SNCF et Transdev, filiale de la Caisse des Dépôts et devraient être centrés sur la politique de réduction de Gaz à effet de serre ?
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