Plan de relance à la filière nucléaire : le démantèlement d’EDF

Auteur : Fabrice CRESTE - fcreste@3econsultants.fr      Pour en savoir plus, c'est ici

Le plan de relance fait-il une place au nucléaire dans la transition énergétique ?

Oui, et en classant les aides au nucléaire dans le volet "technologies vertes", l'État rappelle son statut d'énergie décarbonée. Mais cette place est symbolique si l'on considère les montants alloués – moins de 500 millions d'euros.

L'État confirme au passage le projet de "Technocentre" de valorisation des métaux faiblement radioactifs dans le Haut-Rhin, longuement débattu dans le cadre du plan de revitalisation du territoire de Fessenheim. Par ailleurs, l'intérêt d'EDF pour les petits réacteurs modulaires, dits "SMR", reçoit un soutien des pouvoirs publics.

Les autres programmes montrent un souci de restaurer la capacité industrielle de la filière, et irrigueront probablement des PME.

Ce modeste saupoudrage illustre l'éternelle ambiguïté des gouvernements français. On pourrait le qualifier de soutien mal assumé politiquement. En tout état de cause, ce n'est pas de ces mesures que viendra le salut de la filière. Pour investir de nouveau et remonter en compétence, les entreprises ont un besoin urgent que l'État décide de construire de nouveaux réacteurs en France. Mais le gouvernement a annoncé qu'il ne donnerait son feu vert qu'après l'achèvement de l'EPR de Flamanville. Or, après les nouveaux déboires de ce chantier en 2019, EDF prévoit un chargement du combustible fin 2022 – cette annonce étant antérieure à l'épidémie de Covid.

L'exemple de Framatome est éloquent. Après une série de graves problèmes et d'alertes sur la qualité de ses fabrications, ce groupe investit dans ses usines et s'engage dans un programme de redressement de la qualité. Mais en partant du principe qu'on ne peut maintenir les compétences qu'en fabriquant, la direction a décidé d'anticiper sur les commandes d'EPR Français sur trois sites industriels. Elle prévoit donc de démarrer la production de pièces pour les EPR de deuxième génération dès mi-2021 au Creusot. Soit un an et demi avant que l'État ne fasse enfin connaître sa décision ! Ce choix permettrait par ailleurs des économies de 25% sur les coûts de fabrication, grâce au lissage de la production sur une période plus longue.

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