Les Entretiens de 3e

A propos de l'abandon d'ASTRID : entretiens avec Yves BRECHET, Sylvestre HUET et Laurent MILLON
Une décision qui ébranle la filière nucléaire française, prise en l'absence de tout débat public
Astrid (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration) est un prototype de réacteur à neutrons rapides (RNR) refroidi au sodium, dit de «quatrième génération», dont la construction devait être engagée sur le site nucléaire de Marcoule (Gard). Lancé en 2006, sous la présidence de Jacques Chirac, le projet visait une mise en service en 2020 et un déploiement industriel en 2040. Cette technologie permettrait de recycler les combustibles nucléaires usés des réacteurs déjà en service, libérant la France de la contrainte liée à la limitation des ressources en uranium, tout en réduisant la quantité de déchets nucléaires, particulièrement ceux à vie longue.

L'abandon de ce chantier, décidé en l'absence de tout débat public, a été confirmé - après un article du «Monde» - par un communiqué du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) : "Dans le contexte énergétique actuel, la perspective d'un développement industriel des réacteurs de 4ème génération n'est […] plus envisagée avant la deuxième moitié de ce siècle". Le 31 août, le cabinet d'Elisabeth Borne justifiait à son tour cette décision, invoquant "l'abondance d'une ressource bon marché en uranium" et estimant par ailleurs que "la priorité de la filière industrielle doit […] aller à la réussite de la filière des réacteurs EPR de troisième génération".

Le 11 octobre 2019, le député André Chassaigne a écrit au président de l'assemblée nationale, Richard Ferrand, pour demander la saisine de l'Office Parlementaire d'Evaluation des choix Scientifiques et Techniques (OPECST). Le député s'inquiète notamment de savoir si la décision de stopper Astrid "met bien l'enjeu climatique […] au premier plan des urgences concernant l'ensemble de l'humanité".

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