Réchauffement climatique : les impacts sur la santé des travailleurs

Après un été caniculaire qui a marqué les esprits, nous nous intéressons à la question de l'impact du réchauffement climatique sur les travailleurs : quels sont les conséquences et les risques induits par ces évolutions et surtout comment peut-on les prévenir ?

 

Article extrait de Décodage n°20 | Octobre 2022

 

 

Depuis l’accord de Paris[1], les sept années écoulées ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Chercheurs, scientifiques et climatologues ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur le réchauffement climatique en cours, par le biais de plusieurs travaux : le dernier rapport du GIEC, la Commission sur l’avenir du travail, et le rapport de l’OIT "Travailler sur une planète plus chaude" ont démontré qu’avec le réchauffement climatique, le stress thermique (dont nous définirons la notion dans cet article) et les phénomènes de chaleur extrême deviendront de plus en plus courants.

Cet été, de nombreux évènements ont illustré les alertes exprimées par les chercheurs depuis des dizaines d’années : canicules, sécheresses, orages, incendies… Et, selon la co-présidente du GIEC, Valérie Masson-Delmotte, trois risques directement liés au réchauffement climatique se sont concrétisés :

  • risque pour la santé et les écosystèmes (sur terre comme sur mer) avec les pics de chaleurs,
  • risque de pénuries d’eau,
  • risque de perte de rendement agricole, impactant directement l’activité des agriculteurs.

Le réchauffement climatique ne peut plus être considéré comme un horizon lointain : ses effets se font sensiblement sentir, mesurables et observables à travers le monde.

Ainsi, dans son dernier bilan publié le 18 août 2022, Santé Publique France a annoncé que six accidents du travail mortel ont pu être favorisés par les vagues de chaleur de cet été.

Avec les effets du réchauffement climatique, le monde du travail va être durablement transformé, et ces transformations impliquent des actions décisives. À la fin du mois de juin, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a publié son rapport annuel dans lequel il appelle le gouvernement à un "sursaut" s’il souhaite tenir ses engagements.


Le stress thermique : définition, contexte et principaux secteurs impactés

En 2019, l’OIT (Organisation Internationale du Travail) a publié le rapport "Travailler sur une planète plus chaude : L’impact du stress thermique sur la productivité du travail et le travail décent". Le rapport étudie, en se basant sur un siècle de données (de 1919 à 2019), l’évolution du stress thermique comme effet du réchauffement climatique, et ses conséquences sur la santé des travailleurs dans le monde. Le rapport insiste sur l’impact du réchauffement climatique sur la santé, la sécurité et les conditions de travail, au-delà de l’atteinte nettement démontrée sur la productivité.

Définition de la notion de stress thermique :

Qu’entend-on par "stress thermique" ? Ce terme fait référence à un excès de chaleur par rapport à la température que le corps peut tolérer sans développer de troubles physiologiques, le maintien du corps à une température de 37°C étant nécessaire pour un fonctionnement normal de l’organisme.

Le stress thermique représente un risque majeur pour la santé des salariés : au-delà d’un certain seuil, les mécaniques de régulation interne de l’organisme ne permettent plus au corps de se maintenir à une température lui permettant de fonctionner normalement. Le dépassement de ce seuil augmente le risque d’inconfort, une limitation des aptitudes et des capacités physiques et enfin, engendre des lésions ou des maladies liées à la chaleur. Il peut s’agir de forme bénigne, comme des crampes ou une sensation de forte fatigue, mais cela peut aussi aller jusqu’à une déshydratation ou un coup de chaleur potentiellement mortel. Par ailleurs, une température corporelle dépassant les 38°C engendre chez l’individu une altération des fonctions physiques, mais aussi cognitives, ce qui va entraver sa capacité de raisonnement et par conséquent générer des risques supplémentaires. Enfin, si le seuil des 40.6°C est atteint et dépassé, cela va augmenter le risque de lésions organiques, de malaise et enfin, de décès.[2] En juin dernier, la Fédération Nationale de la Construction et du Bois (FNCB) rappelait que des décès dus au stress thermique étaient recensés chaque année sur les chantiers.

Le rapport de l'OIT décrit quatre facteurs environnementaux qui peuvent contribuer à l’intensité de stress thermique ressenti par un individu qui travaille dans un environnement chaud :

  • la température,
  • l’humidité,
  • la chaleur rayonnante (comme celle du soleil ou d’un four),
  • et la vitesse du vent.

Le stress thermique : un facteur d’augmentation des inégalités sociales en matière de santé au travail :

Des études ont déjà montré que tous les travailleurs ne se sont pas égaux en fonction du travail qu’ils exercent : en 2016, l’INSEE rappelait que les hommes cadres vivent toujours en moyenne 6 ans de plus que les hommes ouvriers.

De la même manière, le stress thermique ne va pas impacter toutes les personnes avec la même intensité, et certaines catégories professionnelles y sont plus exposées que d’autres. Les salariés travaillant en extérieur, dans le domaine agricole ou dans celui de la construction notamment, y sont particulièrement exposés. Parmi les populations concernées on trouve également les salariés du domaine textile, travaillant dans des usines ou des ateliers sans dispositif de climatisation, mais aussi des employés travaillant dans les domaines de collecte de déchets, la réparation en urgence, les transports, le tourisme et les métiers du "chaud" (verrerie, cristallerie, fonderie, …). Les aléas climatiques extrêmes qui s’amplifient d’année en année ont également généré une pénibilité accrue du travail des pompiers par exemple, avec une fréquence qui va venir augmenter le rythme du travail et son intensité.

Ces effets vont concerner en premier lieu les salariés travaillant en milieu ouvert, avec une pénibilité physique et pouvant nécessiter des équipements de protection individuels (EPI), mais même les métiers sédentaires risquent d’être impactés, car il n’est pas certain que les environnements climatisés puissent continuer à l’être indéfiniment, aux vues des contraintes techniques que va poser le réchauffement climatique et des pressions actuelles en termes de demandes énergétiques.

Au-delà de ces catégories de métiers faisant face à une exposition notable, il faut également prendre en considération le facteur de l'âge, les personnes plus âgées étant particulièrement vulnérables et avec une résistance physiologique moins élevée. Les "seniors" représentent en effet une part non négligeable de travailleurs, qui continue à augmenter avec le contexte de vieillissement de la population. À noter que pour les travailleurs de plus de 50 ans, la régulation de la température corporelle devient plus difficile, et le risque de développer des maladies cardio-vasculaires augmente. Ces facteurs déterminants liés aux travailleurs âgés devront donc impérativement être pris en compte lors de la réflexion sur les mesures d’adaptation.

Il est important de noter que, dans les catégories professionnelles mentionnées, beaucoup de métiers sont peu qualifiés et rémunérés. Les travailleurs étant déjà confrontés à des situations de précarité, leur exposition croissante à des situations de stress thermique va avoir pour effet de renforcer les inégalités sociales en matière de santé au travail. Par ailleurs, certains travailleurs ont un accès plus difficile aux soins de santé (pas d’aménagement possible du travail pour les rendez-vous médicaux, dépassement d’honoraires décourageants, intériorisation de la douleur, etc.). De plus, la détérioration de la santé provoquée par le travail se traduit généralement par une reconnaissance en accident du travail ou en maladie professionnelle. Cela suppose des démarches particulièrement complexes et souvent décourageantes, qui sont en outre impossibles pour les travailleurs non déclarés.

En d’autres termes, l’évolution à la hausse du stress thermique va venir exacerber durablement des inégalités déjà présentes dans le monde du travail.


Les effets du changement climatique soulèvent des enjeux forts du point de vue de la santé au travail

Une expertise collective réalisée en 2018 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses)[3] tirait déjà la sonnette d’alarme, en soulignant le fait que le changement climatique affecte aujourd’hui et affectera dans le futur une grande majorité des risques professionnels, par les modifications des environnements de travail notamment.

Risques chimiquesAugmentation du risque chimique et des risques biologiques professionnels :

Au-delà des effets directs évoqués plus haut, le stress thermique va aussi avoir comme effet une majoration du risque chimique, selon l’Anses. En effet, l’étude précise qu’avec la chaleur, les substances et les particules toxiques qui peuvent être inhalées par les travailleurs déjà exposés au risque chimique sont davantage volatiles. L’agence souligne également que l’indice de forêt météo (les incendies font augmenter la concentration de polluants dans l’atmosphère), l’évolution des risques biologiques pour l’activité d’élevage et les cultures dans le domaine agricole (nouvelles espèces avec une résistance plus forte aux pesticides) ou encore les changements comportementaux peu adaptés (par des changements vestimentaires par exemple) sont des facteurs qui vont certainement accentuer le niveau d’exposition au risque chimique.

La modification des écosystèmes va avoir pour conséquence de majorer également les risques liés aux agents biologiques, en particulier pour les travailleurs en milieu naturel ou en contact avec des animaux, le changement climatique risquant d’augmenter le risque de développer des maladies infectieuses. On peut penser par exemple à la leptospirose, maladie véhiculée par les rongeurs.

Amplification des risques psychosociaux :Risques psychosociaux

L’augmentation du stress thermique ne va pas avoir des effets uniquement sur la santé physique des salariés, elle va aussi augmenter le risque de développer des troubles psychosociaux. Les températures élevées couplées à un degré d’humidité important vont entraîner des conséquences indirectes pour les salariés : une augmentation du temps de réaction ainsi qu’une baisse de vigilance liée à un manque de récupération nocturne lorsque les températures ne redescendent pas.

Par ailleurs, l’inconfort induit par la hausse des températures risque de générer des tensions dans les relations de travail, avec la hiérarchie, les collègues ou le public dans les métiers impliquant une relation aux autres. Dans le cas où les épisodes de chaleurs deviennent plus longs, la fatigue peut faire diminuer le niveau de tolérance des salariés (et des clients et/ou patients !), et donc exacerber des tensions déjà existantes.  

De plus, avec la perte possible de récoltes pour le monde agricole lié aux phénomènes croissants d’incendies et de sécheresse, un arrêt contraint de la production risque d’impacter durablement la santé mentale des salariés travaillant dans ces secteurs.

Un risque d’accident du travail majoré :

Comme mentionné plus haut, l’exposition à de fortes chaleurs a pour effet l’altération des fonctions psychologiques cognitives, et peut donc engendrer une baisse de vigilance pour les salariés : temps de réaction plus long, risque d’erreur… La baisse de vigilance peut être particulièrement problématique et dangereuse, notamment pour les travailleurs dont le cœur de métier est la conduite sur de longues distances, comme les chauffeurs-livreurs par exemple. Par ailleurs, un autre des effets du travail sous forte chaleur est la sudation : les outils peuvent plus facilement glisser des mains des travailleurs, et des gouttes de sueur tombant dans les yeux peuvent venir troubler la vision. De la même manière, dans le cas où le salarié travaille en hauteur, le risque de chute est plus important. Tous ces effets liés à la chaleur augmentent le risque d’accidents du travail.


Vers un travail décent et soutenable : l’urgence d’un travail en commun des gouvernements avec les partenaires sociaux

Aujourd’hui les pouvoirs publics ne peuvent pas dire qu'ils n'étaient pas au courant. Dans une étude publiée en 2021 par l’Institut Syndical Européen sur l’impact des vagues de chaleur pour la santé et la sécurité des travailleurs, la sociologue Claudia Narocki pointait du doigt l’inaction des employeurs, aucune mesure concernant l’exposition des salariés aux fortes chaleurs n’ayant été prise jusqu’ici par les pays de l’Union Européenne. La Confédération Européenne des Syndicat (CES) a également transmis en 2020 une résolution à la Commission européenne, demandant l’adoption d’un nouveau cadre législatif prenant en considération le changement climatique et ses effets, et de considérer les canicules comme un vrai risque professionnel, afin de contraindre les entreprises et les employeurs à concevoir avec la participation des travailleurs des mesures de protection solides et à les financer.

Gouvernement, employeurs et travailleurs : les responsabilités de chacun dans l’amélioration des conditions de travail face au réchauffement climatique :

La hausse des températures va demander aux gouvernements, aux organisations d’employeurs et de travailleurs de prévenir les épisodes de forte chaleur à venir. Mais cela ne sera pas possible sans un cadre réglementaire, à l’échelle internationale et européenne. Certaines normes internationales donnent des moyens de lutter contre les risques liés au stress thermique. On peut penser par exemple à plusieurs recommandations émises par l’OIT. La recommandation n°97 de l’OIT portant sur la protection de la santé des travailleurs prévoit par exemple que l’employeur doit prendre "toutes mesures appropriées" afin d’"assurer une protection suffisante de la santé des travailleurs intéressés", notamment en évitant les "brusques changements de température" et une "chaleur excessive". La recommandation n° 120 mentionne qu’"aucun travailleur ne devrait être tenu de travailler habituellement dans une température extrême" et stipule qu’aux vues de ce constat, "l’autorité compétente devrait déterminer les normes de température, soit maximum, soit minimum, soit l’une et l’autre, suivant le climat, le genre de l’établissement, de l’institution ou de l’administration et la nature des travaux".

Au-delà de ces normes internationales, les gouvernements ont un rôle primordial. Ils ont en effet la responsabilité de bâtir un cadre réglementaire qui, comme évoqué plus tôt, permettra d’obliger légalement les employeurs à changer de comportement en mettant en place des mesures luttant contre les effets du stress thermique au travail. À ce titre, il n’existe à ce jour dans le Code du travail aucune législation définissant une température limite à partir de laquelle le salarié peut exercer un droit de retrait. Pourtant, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) précise qu’au-dessus de 30°C dans le cas d’un salarié avec une activité sédentaire, et de 28°C pour un travailleur exerçant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque[4]. Aux vues de ces constats, la création de nouvelles normes, comme une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) à la chaleur, semble plus qu’urgente.

Schema rapport OIT_ stress thermique

Schéma extrait du rapport de l’OIT sur le rôle des gouvernements,
des employeurs et des travailleurs dans le recul de la vulnérabilité
au stress thermique et la promotion de l’adaptation

 

S’il revient aux gouvernements de fixer les règles et les normes sur ce sujet, il incombe aux employeurs d’assurer à leurs salariés un environnement de travail sûr et des conditions de travail décentes et adaptées aux normes fixées par le gouvernement.

En effet, les règlements concernant la santé et la sécurité des salariés obligent les employeurs à évaluer les risques auxquels sont exposés les salariés dans leur travail, et à mettre en place des dispositifs permettant d’assurer à ces salariés une protection, y compris pour les risques liés à la chaleur. Pour cela, les employeurs disposent de plusieurs moyens, et de leviers en termes de décisions sur les mesures concernant l’aménagement et la conception des bâtiments, en installant des systèmes de climatisation ou de brumisation notamment. Cependant, ces mesures ne sont pas adaptables pour les salariés travaillant en extérieur, et exposés au soleil plus directement. L’OIT rappelle par ailleurs que la climatisation consomme beaucoup d’énergie et participe aux changements climatiques, qui plus est lorsqu’elle est alimentée par une énergie produite par des combustibles fossiles. Des systèmes de climatisation à énergie solaire sont recommandés. Il peut aussi s’agir pour les employeurs de prendre des mesures d’adaptation, avec un système de climatisation qui s’active lors des pics de chaleur. L’employeur a donc la possibilité d’agir sur la conception des bâtiments et des infrastructures, et d’adapter les environnements de travail aux travailleurs, et non l’inverse.

Enfin, l’employeur peut mettre en place des mesures réglementaires et agir sur l’organisation du travail, par plusieurs biais. Il a la possibilité d’adapter les horaires de travail, en permettant ainsi aux salariés de ne pas travailler durant les heures les plus chaudes. Cependant, cette mesure reste à nuancer car l’employeur se devra alors d’intégrer dans l’organisation du travail un système de compensation, le travail en horaires décalés ayant lui aussi des effets néfastes sur la santé des travailleurs. Il est également possible de mettre en place un système de rotation entre les travailleurs, leur permettant de réaliser en alternance les travaux dans des conditions pénibles. L’adaptation du code vestimentaire ou le déplacement du lieu d’activité initial vers un lieu plus frais sont d’autres mesures qui peuvent protéger les salariés qui travaillent à l’extérieur ou à l’intérieur.

En tout état de cause, la baisse de productivité engendrée par ce stress thermique devrait pouvoir constituer une motivation supplémentaire pour les employeurs à s’emparer de cette problématique, si tant est que la santé de leurs salariés ne soit pas une raison suffisante.

Les travailleurs ont aussi un rôle à jouer dans la mise en œuvre de mesures d’adaptation au stress thermique, en exprimant leurs préoccupations et en échangeant leurs connaissances, cependant leurs marges de manœuvre restent relativement réduites, puisqu’ils dépendent en grande partie des réglementations, des infrastructures, et des programmes de formation qui peuvent être mis en place par les employeurs et par les gouvernements. Il leur est bien entendu possible de prendre des mesures individuelles afin de faire baisser leur température corporelle, comme veiller à s’hydrater, faire des pauses dans des endroits ombragés, adapter leurs habitudes vestimentaires, être vigilants sur l’apparition de symptômes témoignant d’un coup de chaleur. Il semble cependant important de rappeler que l’instauration de mesures de protection collectives sera toujours préférable à l’instauration de mesures individuelles, car celles-ci sont reconnues comme plus efficaces dans la protection globale des travailleurs. Afin de faire prendre en compte leurs préoccupations concernant les conditions de travail, les travailleurs ont la possibilité de solliciter leurs organisations syndicales afin de faire entendre leurs problématiques au sein du dialogue social.

Le rôle du dialogue social dans la prévention du stress thermique professionnel et la protection des travailleurs :

Le rapport de l’OIT indique qu’il est particulièrement recommandé aux gouvernements de se coordonner avec les organisations d’employeurs et de travailleurs en les associant à la conception et à la mise en place de politiques d’atténuation du réchauffement climatique et des effets du stress thermique sur la population active. Il devient donc primordial que les employeurs, en s’appuyant sur l’expertise des travailleurs, mènent une évaluation des nouveaux risques ou des risques accrus liés au dérèglement climatique, avec la hausse des températures notamment. Au vu de leurs effets grandissants sur les conditions de travail, il semble aussi très important de repenser les méthodes de travail : code vestimentaire, équipement de protection, horaires de travail et système de rotation sont autant de sujets qui sont engagés et devront continuer à l’être dans le dialogue social aujourd’hui. Ces questions pourraient être utilement intégrées au sein des négociations de branche.

En 2018 déjà, l’Agence nationale de la sécurité sociale (Anses) soulignait la nécessité d’intégrer de manière systémique les impacts du réchauffement climatique dans toutes les démarches d’évaluation des risques en milieu professionnel notamment. La prise en compte des effets du réchauffement climatique sur la santé et la sécurité repose sur la mise en œuvre de mesures nationales et transnationales, que les états ne prennent pas malgré l’urgence. En tout état de cause, le monde du travail doit considérer dès à présent le stress thermique comme nouveau risque professionnel (mais est-il nouveau ?), afin de l’évaluer et de le prévenir. Après un été où les catastrophes liées au réchauffement climatique se sont succédé, le gouvernement s’est engagé à lancer dès septembre une concertation afin d’acter des mesures permettant de faire face à l’urgence climatique.

L’objectif de cette concertation est de déboucher sur une nouvelle loi d’orientation énergie-climat. Reste à voir si cette dernière sera à la hauteur des enjeux, bien que l’on puisse déjà en douter.


[1] Traité international signé en 2015, l’accord de Paris sur le climat (auquel 192 pays ont adhéré à ce jour) est un texte dans lequel les parties se sont engagées notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à contenir d’ici 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés, et à poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1.5 degré.

[2] Source : 5e rapport du GIEC sur les conséquences du changement climatique, 2014

[3] Evaluation des risques induits par le changement climatique sur la santé des travailleurs, Avis de l’Anses, rapport d’expertise collective, janvier 2018

[4] Dossier INRS : Travail à la chaleur, ce qu’il faut retenir

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