Formations des représentants du personnel : peut-on les négocier ?

La question devrait plutôt se poser en ces termes : "doit-on" négocier les formations des représentants du personnel ? La réponse est OUI. Mais nous le savons, négocier pour soi en tant que représentant est encore moins évident que négocier pour les salariés, mais vous le devez. Négocier des moyens pour vous, c’est pouvoir améliorer vos conditions de travail en tant qu’élu et cela vous permettra d’acquérir plus d’outils, de connaissances, de stratégies pour faire face à votre direction et accompagner vos collègues.

Par les rappels réglementaires tout d’abord, nous verrons ce que le Code du travail prévoit pour les formations des élus, nous verrons ensuite ce qui peut être négocié et enfin, issus d’une analyse de 500 accords d’entreprise, nous vous apporterons des exemples de ce qui peut – ou doit – être négocié et surtout les pièges à éviter.

 

Article extrait de Décodage n° 43 | Septembre 2025


 

Rappels de base pour les formations et la négociation sur le sujet 

Si les élus peuvent faire toute sorte de formations en fonction de ce dont ils ont besoin, il y en a deux essentielles et prévues dans le Code du travail. C’est de ces deux formations que nous allons parler dans un premier temps.

Le Code du travail prévoit ainsi deux formations que nous nommons "légales" : la formation "économique" et la formation en matière de "santé, sécurité et conditions de travail" (SSCT).

Les règles qui régissent ces deux formations sont assez simples et précises, et sont inscrites dans peu d’articles dans le code à dire vrai. En revanche, ces articles sont dispersés à plusieurs endroits du Code, il est donc parfois difficile de s’y retrouver.

Concernant les négociations sur les formations, c’est également très simple et à connaitre absolument :

  • Tout ce qui concerne les formations des élus se situe dans le Code du travail au chapitre V "fonctionnement" du CSE (articles L2315-1 à L2315-95), du Titre I relatif au CSE.
  • Le second article de ce chapitre stipule que "Les dispositions du présent chapitre ne font pas obstacle aux dispositions plus favorables relatives au fonctionnement ou aux pouvoirs du comité social et économique résultant d'accords collectifs de travail ou d'usages." L. 2315-2 CT.

 

Cela signifie que si vous négociez sur la formation des membres du CSE, c’est forcément en mieux !

 

Quelques Chiffres

Sur 500 accords d’entreprise analysés :

  • 282 présentent des dispositions négociées, deux formations confondues

Concernant la formation économique :

  • 169 accords prévoient des dispositions sur la présence de suppléants ou d’autres membres (19 accords ouvrent la participation aux représentants et délégués syndicaux et 2 aux représentants de proximité)
  • 84 accords proposent des dispositions financières

Concernant la formation santé, sécurité et conditions de travail :

  • 134 accords prévoient des dispositions négociées sur cette formation
  • 36 accords prévoient des dispositions mieux-disantes (augmentation du nombre de jours initiale ou renouvellement, délais de réalisation, participation élargie à d’autres bénéficiaires comme les RS ou DS, réduction du temps pour la demande, formations thématiques complémentaires...)
  • 66 accords prévoient des dispositions moins distantes (uniquement titulaires, réduction du nombre de jours, choix de l’organisme qui revient à l’employeur...)

 

Des exemples de dispositions plus ou moins favorables seront donnés issus d’accords collectifs existants, extraits de la base de données d’accords sur Légifrance.

Essayons désormais d’y voir plus clair, pour chacune des deux formations nous verrons :

  • Ce que prévoit le Code du travail
  • Ce qui peut ou doit être négocié (en mieux !)
  • Les pièges à éviter

 


La formation économique

Ce que prévoit le Code du travail

 

Formation économique

Références réglementaires

CSE de - de
50 salariés

Non concernés

Aucune référence

CSE de + de 50 salariés

Concernés

L2315-63

Quels bénéficiaires

Uniquement prévues pour les membres titulaires

L2315-63

Durée de la formation initiale

Maximum 5 jours

L2315-63

Contenu de la formation

"Différentes formes de l’entreprise, mécanisme de base de comptabilité, notion de base de l’analyse financière, éventuellement les procédures de règlement des entreprises en difficulté. La formation devra être adaptée au niveau des stagiaires, ainsi d’autres contenus pourront être abordés"

Circulaire N° 12 du 27 septembre de 1983

Renouvellement

"Renouvelée lorsque les représentants ont exercé leur mandat pendant quatre ans, consécutifs ou non"

L2315-17

Durée de la formation renouvellement

Pas de précision spécifique donc la même durée (minimum 5 jours)

Aucune référence

Contenu de la formation

Pas de précision sur le contenu du renouvellement

Aucune référence

Financement

Prise en charge par le budget de fonctionnement du CSE

L2315-63

Temps de formation

*Le temps est imputé sur les contingents de congés formation économique, sociale, environnementale et syndicale (CFESES)

L2315-63

L2145-8

Quel organisme de formation

Deux possibilités : soit des organismes agréés régionalement soit par un des organismes agréés nationalement

L2315-17

Modalité de départ en formation

*[1]Demande individuelle à faire au moins 30 jours avant, et faire figurer, les dates et l’organisme de formation choisi par l’élu

R2145-4

Réponse de l’employeur

*Sans réponse de l’employeur sous 8 jours, l’absence est réputée acceptée

Si l’employeur souhaite refuser, il doit motiver le refus et consulter le CSE pour recueillir un avis conforme 

R2145-4

L2145-11

Ce qui peut/doit être négocié

  • Prévoir une formation pour les élus du CSE de moins de 50 salariés
  • Modifier la durée "maximum" par une durée minimum de 5 jours ou plus
  • La participation des élus suppléants
  • La participation d’autres membres (délégués ou représentants syndicaux, représentants de proximité)
  • La prise en charge financière par l’entreprise de la formation partielle ou totale
  • Mettre en place des délais pour la réalisation, premier trimestre, semestre ou années de mandat
  • La non-imputabilité de la durée de formation des élus sur les contingents de CFESES
  • La réduction du délai pour la demande d’autorisation d’absence

Exemples de dispositions plus favorables négociées 

Négocier "le financement"

Financement total entreprise :

  • Prise en charge de la formation économique par l’employeur "dans les mêmes limites que celles prévues par les dispositions réglementaires pour la formation en santé, sécurité et conditions de travail."[2]

Financement partiel entreprise avec limite de montant :

  • "En cas d’insuffisance du budget de fonctionnement pour assurer le financement de cette formation, l’entreprise s’engage à abonder le budget en conséquence, sans pour autant dépasser 50 % du montant du coût pédagogique de la formation."[3]
  • "Cette formation d’une durée maximale de 5 jours sera financée à hauteur de 50 % par l’employeur et 50 % par le CSE sur le budget de fonctionnement."[4]
  • La formation sera financée par l’entreprise "dans la limite globale de 10 000 euros HT."[5]

Financement partiel entreprise avec limite de durée :

  • La formation de 5 jours, 2 jours pour l’employeur et 3 jours par le CSE "Le financement de la formation économique est pris en charge par l’employeur dans la limite de deux jours, ce financement incluant aussi bien le prix du stage que les éventuels frais de déplacement, de restauration et d’hébergement."[6]

Négocier "les participants"

"Supplémentairement à la loi, les membres suppléants peuvent bénéficier de cette formation selon les mêmes modalités."[7]

"Les membres titulaires des CSE d’établissement, les représentants de proximité élus pour la première fois peuvent bénéficier d’une formation économique d’une durée maximale de 5 jours non imputable sur le congé de formation économique sociale et syndicale prévu par le Code du travail."[8]

"Les membres élus des Comités Sociaux et Économiques d'Établissement, Titulaires et Suppléants, ainsi que les Représentants Syndicaux, bénéficient de la formation économique initiale renouvelable dans les conditions légales."[9]

Participeront à la formation "Les membres titulaires du CSE ainsi qu’un membre suppléant du CSE désigné par chaque Organisation Syndicale Représentative."[10]

D’autres dispositions négociées

Un délai de mise en place : "Cette formation devra idéalement être suivie dans les 2 premiers mois du mandat au CSE." [11]

La non-imputabilité de la durée de formation au CFESE : "Cette formation n’est pas imputable sur le congé de formation économique, sociale et syndicale prévu par le Code du travail."[12]

 

Note : Nous précisons que dans les extraits cités ci-dessus, il ne s’agit que de dispositions plus favorables, mais nombre de ces accords, prévoient également malheureusement des dispositions moins favorables, voire contestables juridiquement.

 

Les pièges à éviter sur la formation économique 

Il existe de nombreux accords qui contraignent, réduisissent voire empêchent le droit à la formation des élus. Nous ne donnerons évidemment pas les références de ces "mauvaises pratiques", mais nous nous devons de les relever pour vous montrer ce qui existe et ce qu’il faut si possible éviter !

Négocier "en moins"

  • Réduire la durée de la formation initiale (3, 2, voire 1 jour !)
  • Réduire la durée de la formation renouvellement à 3 jours, voire moins !
  • Que la formation s’adresse uniquement aux nouveaux titulaires, ce qui empêche le renouvellement

Négocier "sous condition"

  • Accord pour la formation des suppléants, uniquement sur des heures de délégation
  • Accord pour que les suppléants et titulaires puissent bénéficier de la formation, mais il n’y aura pas de renouvellement possible ensuite
  • Formation prise en charge financièrement par l’entreprise, si et seulement si la direction choisit l’organisme de formation
  • Formation prise en charge financièrement par l’entreprise, mais l’organisme sera choisi conjointement avec la direction
  • Formation prise en charge par le CSE, et organisme de formation choisi à la majorité des membres du CSE

 

Pour résumer, parce que la formation économique telle qu’elle est prévue dans le Code du travail est insuffisante (uniquement pour les titulaires, nombre de journées maximum), il est nécessaire de négocier.

 

Et parce qu’elle est notamment financée par le budget du CSE, il est tentant d’accepter des "propositions" de la direction. Mais c’est là qu’il vous faudra être attentif aux pièges à éviter : si la prise en charge par l’employeur semble une bonne idée sur l’instant, car vous permet de garder vos deniers du budget de fonctionnement pour faire d’autres actions, ne pas choisir l’organisme, réduire le temps de formation, ou empêcher le renouvellement sera sur le long terme impactant pour vos missions.


La formation santé, sécurité et conditions de travail (SSCT)

Ce que prévoit le Code du travail

 

Formation SSCT

Références réglementaires

CSE de moins de 50 salariés

Concernés

L2315-22-1

CSE de plus de 50 salariés

Concernés

Article L2315-18

Quels bénéficiaires

Tous les membres de la délégation (Titulaires et suppléants) et le référent harcèlement

Article L2315-18

Durée de la formation initiale

Minimum 5 jours

Article L2315-18

Contenu de la formation

1° De développer leur aptitude à déceler et à mesurer les risques professionnels et leur capacité d'analyse des conditions de travail ;

2° De les initier aux méthodes et procédés à mettre en œuvre pour prévenir les risques professionnels et améliorer les conditions de travail.

R2315-9

Renouvellement

Chaque renouvellement de mandat

Article L2315-18

Durée de la formation renouvellement

Minimum du 5 j pour les membres de la CSSCT

Minimum de 3 j pour les membres du CSE non membres de la CSSCT

Article L2315-18

Contenu de la formation

Ce renouvellement a pour objet de permettre au membre de la délégation du personnel d'actualiser ses connaissances et de se perfectionner.

R2315-11

Financement

Prise en charge par l’entreprise ou OPCO (pour les moins de 50)

Articles L2315-18 L2315-22-1

Temps de formation

Le temps est imputé en priorité sur le CFESES

R2315-17

Quel organisme de formation

Deux possibilités : soit des organismes agréés régionalement, soit par un des organismes agréés nationalement

L2315-17

Circulaire du 14 mai 1985

Modalité de départ en formation

*Demande individuelle à faire au moins 30 jours avant, et faire figurer, les dates, le tarif et l’organisme de formation choisi par l’élu

R2315-17

Réponse de l’employeur

*Sans réponse de l’employeur sous 8 jours, l’absence est réputée acceptée

Si l’employeur souhaite refuser, il doit motiver le refus et consulter le CSE pour recueillir un avis conforme

Dans ce cas, le congé formation peut être reporté dans la limite de six mois.

R2315-19

Ce qui peut/doit être négocié

  • Les 5 jours étant un minimum, écrire noir sur blanc un minimum plus élevé
  • Toujours dans l’idée d’améliorer le minimum, prévoir d’autres thématiques spécifiques et une durée, par exemple, 2 jours en plus sur la thématique de RPS
  • La participation des représentants ou délégués syndicaux à la formation SSCT
  • Une même durée pour tous pour la formation renouvellement au lieu de minimum 3 jours
  • La non-imputabilité de la durée de formation des élus sur les contingents de CFESES
  • La réduction du délai pour la demande d’autorisation d’absence
  • Mettre en place des délais pour la réalisation, premier trimestre, semestre ou années de mandat

Exemple de dispositions plus favorables négociées

  • "Les membres du CSE peuvent bénéficier chacun d’une formation de 5 jours par an"[13]
  • Délais de mise en place de la formation dans le premier semestre suite aux élections professionnelles.[14]
  • Durée de la formation non imputée sur le temps de CFESES[15]
  • Réduction du délai pour la demande d’autorisation d’absence passant de 30 à 10 jours[16]

 

Note : Nous précisons que dans les extraits cités ci-dessus, il ne s’agit que de dispositions plus favorables, mais nombre de ces accords, prévoient également malheureusement des dispositions moins favorables, voire contestables juridiquement.

 

Les pièges à éviter sur la formation SSCT

Négocier "en moins"

Rappel

La Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, en vigueur depuis le 31 mars 2022, a augmentée de 3 à 5 jours, la durée de la formation initiale SSCT pour tous les membres du CSE.

 

  • Maintenir la durée de 3 jours pour les formations initiales
  • Réduire la durée de la formation renouvellement des membres de la CSSCT à 3 jours, voire moins !
  • Remplacer le terme "minimum" prévu par les textes par "maximum"
  • Que la formation s’adresse uniquement aux nouveaux titulaires, ce qui empêche le renouvellement
  • Prévoir un organisme interne à l’entreprise pour dispenser les formations

 

La circulaire du 14 mai 1985 précisait que "Les organismes susceptibles d’être agréés au titre de la formation des représentants du personnel au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail doivent être distincts des entreprises auxquelles les stagiaires appartiennent. En effet, il ne serait pas souhaitable que les formations des représentants du personnel au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail soient confiées aux services de formation d’une entreprise, la formation devant permettre une réflexion collective et un certain recul par rapport aux situations vécues dans l’entreprise."

 

Négocier "sous condition"

  • Accord pour que la formation soit d’une durée de 8 jours, mais le choix de l’organisme de formation se fera par accord majoritaire
  • La formation se déroulera dans les 6 premiers mois suivant les élections, les membres du CSE proposent au minimum deux organismes de formation, c’est le président qui choisira

 

Pour résumer, il pourrait sembler inutile de négocier sur cette formation car ces modalités sont bien plus favorables (tous les élus concernés, pas de seuil pour la formation initiale, prise en charge par l’entreprise), mais il est nécessaire d’être vigilant.

  • Attention aux évolutions réglementaires ! Encore trop d’accords signés après 2022 prévoient par méconnaissance ou oublis volontaires, une formation initiale de 3 jours pour les élus des CSE de moins de 300 au lieu d’une formation de 5 jours pour tous.
  • Attention aux mots ! Même si nous pouvons constater que peu d’élus CSE ne réclament pas plus de 5 jours pour cette formation (alors qu’il s’agit d’une durée minimum), changer ce mot par "maximum" pourrait vous empêcher, en cas de besoin et de situation particulière, de solliciter une formation nécessaire. Pour faire une enquête RPS, il faut connaitre ce sujet, suite d’un accident au travail (mortel ou non). Des formations sont nécessaires, ne vous en privez pas.

Pour les formations "légales" des représentants dans la Fonction publique ? 

L’étude d’analyse d’accords, n’a concerné que le secteur privé donc nous n’avons pas d’éléments à extraire concernant des négociations sur le sujet des formations des élus dans le secteur public. D’autant que la négociation en tant que telle n’est pas encore une pratique habituelle dans ce secteur.

Mais les nouvelles élections auront lieu en décembre 2026, se rappeler le droit des élus dans la fonction publique sera important pour négocier des améliorations courant 2027 !

Formations des représentants dans la Fonction publique hospitalière

FPH – Formation "compétences du comité"

Type d’établissement

Mandats

Durée de la formation

Établissement de - de 200 agents

Titulaires et suppléants du CSE

5 jours minimum

Établissement de + de 200 agents

Titulaires et suppléants du CSE

5 jours minimum

FPH – Formation "Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail" (HSCT)

Type d’établissement

Mandats

Durée de la formation

Établissement de - de 200 agents (sans F3SCT)

Titulaires et suppléants du CSE

5 jours minimum

Établissement de + de 200 agents

Titulaires et suppléants du CSE non membres de la F3SCT

3 jours

Titulaires et suppléants de la F3SCT

5 jours minimum

Formation des représentants dans la Fonction publique territoriale

FPT – Formation "Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail" (HSCT)

Type de collectivité territoriale

Mandats

Durée de la formation

À réaliser

Moins de 200 agents (sans F3SCT)

Titulaires et suppléants du CST

5 jours minimum

Au cours du premier semestre du mandat

Plus de 200 agents

Titulaires et suppléants du CST non membre de la F3SCT

3 jours

En cours de mandat

Titulaires et suppléants de la F3SCT

5 jours minimum

Au cours du premier semestre du mandat

 

Formation des représentants dans la Fonction publique d’État

FPE – Formation "Hygiène, Sécurité et Conditions de Travail" (HSCT)

Type de collectivité territoriale

Mandats

Durée de la formation

Moins de 200 agents

(sans F3SCT)

Titulaires et suppléants du CSA

5 jours minimum

Plus de 200 agents

Titulaires et suppléants du CSA non membres de la F3SCT 

3 jours

Titulaires et suppléants de la F3SCT 

5 jours minimum

 

Note : Vous trouverez les références réglementaires dans les textes des décrets suivants : n° 2021-1570 du 3 décembre 2021 (FPH), n° 2021-571 du 10 mai 2021 (FPT), n° 2020-1427 du 20 novembre 2020 (FPE) et l’article R. 2315-21 du Code du travail concernant les plafonds au niveau des coûts.

Ce qui est équivalent au secteur privé

  • À réaliser pendant la durée du mandat
  • Renouvelée de droit à chaque mandat
  • Seuls les représentants peuvent décider de suivre les formations
  • Les organismes de formation sont les mêmes que pour le privé, et doivent posséder un agrément
  • Les demandes d’autorisation d’absence sont à faire au moins 1 mois avant la formation et doivent mentionner, les dates, le coût et l’organisme de formation

Ce qui est différent du secteur privé

Toutes les formations sont prises en charge par l’employeur.

Chaque élu est libre de choisir l’organisme auprès duquel il suivra une formation, sauf pour les formations HSCT où l’établissement ou l’administration peut choisir 3 des 5 jours.

Si l’agent est absent "sans motif valable, l’agent est tenu de rembourser à l’établissement ou au groupement concerné les dépenses prises en charge" (FPH).

Sur les demandes d’autorisation d’absence doivent figurer également le descriptif de la formation.

Le bénéfice de ce congé ne peut être refusé que si les nécessités du service s’y opposent (FPH et FPE).

Le refus doit être motivé. Le directeur d’établissement (ou l’administrateur du groupement ou l’autorité) est tenu de répondre à la demande de l’agent au plus tard le quinzième jour qui précède le début de la formation sollicitée. 

Les décisions de refus, ainsi que leurs motifs, sont communiquées à la commission administrative paritaire au cours de la réunion la plus proche qui suit l’intervention de ces décisions (FPT).

Ce qu’il sera nécessaire de négocier

  • Obtenir dans les FP territoriale et d’État des jours de formation similaires à la formation "compétences du CSE" de la FPH
  • Suppression des seuils pour les formations HSCT
  • Augmenter à 5 jours les formations prévues de 3 jours
  • Les 5 jours étant un minimum, écrire noir sur blanc un minimum plus élevé
  • Toujours dans l’idée d’améliorer le minimum, prévoir d’autres thématiques spécifiques et une durée, par exemple, 2 jours en plus sur la thématique de RPS
  • Choix de l’organisme de formation à la main des élus pour la totalité des formations
  • Mettre en place des délais pour la réalisation, premier trimestre, semestre ou années de mandat (comme dans la FPT)

En conclusion

Si dans le secteur privé, la négociation est une pratique bien plus courante que dans la fonction publique, il n’en demeure pas moins, que négocier des améliorations pour soi en tant que représentant est souvent plus compliqué que négocier pour les collègues, salariés ou agents. Mais il le faut.

Les dispositifs de formation pour les représentants du personnel tels qu’ils existent aujourd’hui sont insuffisants. Pour le privé, les formations prévues datent des années 1980[17] et hormis quelques améliorations, à la marge pour la formation SSCT, ces deux formations sont restées figées depuis plus de 40 ans.

Pourtant, elles doivent aujourd’hui évoluer, car le "dialogue social" a évolué. Les attributions ont changé et se sont élargies[18], de nouvelles règles se sont mises en place[19], les différentes instances (DP, CE, CHSCT) ont fusionné[20], et vous devez en tant que représentants connaitre de nombreux sujets. Tous ces éléments valent également pour les représentants de la fonction publique qui subissent depuis quelques années la fusion des instances, et des dispositifs de formations qui auraient besoin d’être améliorés.

40 ans de politiques gouvernementales et de législations qui n’améliorent pas vos droits et possibilités de formation, c’est donc à vous, par la négociation notamment, d’en revendiquer et de gagner des moyens plus en adéquation avec vos besoins réels d’aujourd’hui.

 

 


[1] Les droits à la formation des élus, sont liés au droit au congé formation économique, sociale, environnementale et syndicale qui s’adresse, lui, à tous les salariés. Ainsi, les modalités d’absences pour l’élu et de réponses de l’employeur sont les mêmes que pour les CFESE.

De plus, le temps de formation des élus est imputé sur les contingents de temps des CFESES de tous les salariés   

[2] Accord collectif d’entreprise relatif au Comité Social Économique, MSA Dordogne Lot-et-Garonne, signé le 21 mai 2019, p. 4

[3] Accord sur la mise en place du comité social et économique au sein de la société Eiffage Construction Alsace, signé le 14 déc. 2022, p. 6

[4] Accord relatif au renouvellement et au fonctionnement du CSE, Teledyne Oldham Simtronics, signé le 11 janv. 2023, p. 6   

[5] Accord d’entreprise relatif au Comité Social et Économique, Ing Bank France N.V, signé le 22 nov. 2022, p. 8

[6] Accord sur le fonctionnement et les moyens du CSE d’Orange et sur le dialogue social, signé le 20 juin 2022, p. 11

[7] Accord relatif aux Comités Sociaux et Économiques d'Établissement et Comité Social et Économique Central et à la mise en place de Représentants de Proximité au sein de l’UES Apave, signé le 24 mars 2023, p. 15

[8] Accord sur le fonctionnement du CSE XPO Volume France, signé le 14 février 2023, p. 14

[9] Accord relatif au dialogue social et la mise en place du CSE, ORANO DS-Démantèlement et services, signé le 22 mai 2023, p. 15

[10] Accord sur la mise en place et la fonction du CSE au sein de CCS, signé le 17 avril 2019, p.7

[11] Accord relatif au renouvellement du comité social et économique de Chugai Pharma France et de l’organisation et de son fonctionnement, signé le 15 septembre 2019, p. 13

[12] Accord collectif d'entreprise portant sur la mise en place des comités sociaux et économiques d'établissement (CSE d'établissement) et du Comité Social et Économique Central (CSE Central) de l'entreprise Panzani SAS, signé le 4 mai 2023 p.10

[13] Accord sur le dialogue social au sein de l’UES NEXTER, signé le 22 décembre 2022, p. 13

[14] Accord relatif à la mise en place du comité social et économique, Huhtamaki La Rochelle, signé le 22 janvier 2019, p.9, 

[15] Accord sur la rénovation du dialogue social au sein de la société ArcelorMittal Atlantique et Lorraine, signé le 4 févr. 2019, p.12

[16] Protocole d’accord sur le dialogue social au sein de la CPAM des Alpes-Maritimes, signé le 15 décembre 2022, p. 15

[17] La loi n° 82-915 du 28 octobre 1982 relative au développement des institutions représentatives du personnel pour la formation économique et la Loi n° 82-1097 du 23 décembre 1982 relative aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, pour la formation SSCT, dites "Lois Auroux"

[18] Loi n° 2015-994 du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l'emploi, dite "Loi Rebsamen"

[19] Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite "Loi El Khomri"

[20] Ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 relative à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l'entreprise et favorisant l'exercice et la valorisation des responsabilités syndicales, dite "ordonnance Macron"

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